Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
  • Contact

Profil

  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

Texte Libre

Rechercher

Archives

25 janvier 2019 5 25 /01 /janvier /2019 08:36
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 54)
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
- Qu’est-ce que ça veut dire ?
 
Au milieu du couloir de la Présidence, la Naine-qui-pue (Directrice Générale) posait son regard sur Icã Glande (simple Directeur).
 
- Je vous attends dans mon bureau.
 
Ton sec, coupant.
 
- Dans une demi-heure. Ou, mieux encore, là, tout de suite. Il faut mettre ça au clair.
 
Sec, coupant.
 
- Je ne m’oppose pas à ce que vous emmeniez votre conjointe avec vous. Nous pouvons lui payer le séjour. Je ne m’oppose à ce que vous interveniez pour la nouvelle de Stroë, non plus. Allez, on va dans mon bureau. Ce n’est pas la peine de la prendre sur votre budget. Nous allons payer pour elle aussi. Ça ira comme ça. Autant vous que Stroë, vous apportez beaucoup à la maison et en général aux médias français. En l'occurrence à la France. Allez, on va dans mon bureau. Nous ne nous opposons pas que vous soyez bien à la radio, chez vous ou pendant vos voyages. Néanmoins, je suis Directrice Générale de RFCVIPMU. Allez, on va dans mon bureau. Et dans cette qualité, j’aimerais bien savoir qu'est-ce qu'il se passe à RFCVIPMU. À RFCVIPMU et non pas ailleurs, dans une entreprise des pompes funèbres, dans je ne sais pas quelle ferme petite ou grande, dans un télescope géant ou dans une laverie d'émantchiclopes, dans une atelier de réparation de patiflexes nickelés ou dans un labo de membranes retournées vers le vide de leur immanence, enfin, dans ailleurs, quoi – ou pas. Allez, on va dans mon bureau. À quoi rime tout ça. À quoi on joue, quoi !
 
L’expression de la Naine-qui-pue était stupide. C'était son charme.
 
Icã Glande, figé, essayait d’éviter le jet malodorant qui jaillissait des yeux de la Directrice Générale.
 
- Cela a toujours été comme ça, répondit-il. RFCVIPMU n’est pas une maison comme les autres. Et elle compte rester spéciale. Que vous soyez dedans ou dehors. Que vous vous y trouvais ou pas. Avec vous dedans ou avec vous dehors, donc. Peu importe. La caisse noire de la Présidence existera toujours.
 
- Ce n’est pas une question de caisse noire. La question c’est la confrontation entre le Souvenir et l’Oubli. Entre votre femme et l’autre, le caprice actuel de Stroë.
 
Les choses se corsaient. Souvenir, Oubli, des paramétrés inattendus, immatériels. Une métaphysique surprenante. Des particules étranges qui traversaient en météores le blanc de l'Œuf de Fou. La vie sociale de RFCVIPMU recevait une étrange injection de valeurs personnelles, parfois philosophique, parfois non, parfois déconcertante, parfois mobilisantes, parfois contradictoire, parfois sociétales, parfois conservatrices, parfois progressistes, et tout.
 
Avertissement
Toute ressemblance
avec ce qui s'est passé,
qui se passe
ou
qui va se passer
à RFI
a été, est ou sera
fortuite.
 
Pareil pour toute différence.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0
24 janvier 2019 4 24 /01 /janvier /2019 10:29
Une mèche allumée
 
L'aide-soignante Ingrid Levavasseur, personnage médiatique identifié en tant que Gilet Jaune, veut créer une liste pour les européennes.
 
Ahurissant !
 
L’ectoplasme politique, sociale, voire sociétal désigné comme Gilets Jaunes veut entrer au Parlement Européen. Les dits Gilets ne sont pas en mesure d'analyser l'actualité de toute évidence dramatique de la population française ; ni de proposer une nouvelle structure sociale, économique, politique pour la France contemporaine.
 
Mais ils voudraient s'emparer de l'Europe.
 
Qu'est-ce les GJ pourraient chercher au et dans le Parlement Européen ?
 
Seraient-ils la mèche allumée « à l'insu d'elle même » d'une
bombe continentale ?
 
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0
23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 08:44
 
 
La quatre-vingt-aine au bord de la piscine
 
 
Le Commandant, la quatre-vingt-aine bien entretenue, croisa les jambes et se laissa glisser sur le coussin blanc du fauteuil en rotin.
 
- C'est une piscine qui a au moins trente-cinq ans, se fit entendre de nouveau la voix d'Arabelle.
 
La vieille – à quatre-vingt ans on est (une) vieille, quoi qu'on dise – s'affairait dans la cuisine d'été inutilisée depuis un moment déjà. Autour de la piscine, l'été indien brulait de tous ses feux. L'énorme villa, quelque chose entre manoir et hôtel, construite il y a longtemps, entretenue avec pas mal d'efforts par sa riche propriétaire, paradait avec les rectangles de ses fenêtres, avec son porche surmonté d'une arcade néo-gothique, avec ses fausses tours rondes, romanes envahies par la vigne vierge. Au pied du mur, les hortensias aux fleurs énormes, blanches et bleues donnaient un air d'opulence une peu rustique, de terroir à la propriété.
 
- Et voilà !
 
Arabelle arrivait avec un plateau sur les bras : théière japonaise en fonte, deux bols rouges pour le thé, assiettes (avec quelques gâteaux secs) et sucrier de la même couleur.
Les quatre-vingts ans du Commandant se redressèrent sur son fauteuil.
 
- Vous avez le sourire triste, dit la quatre-vingt-aine de la femme.
 
Son regard louchait un peu.
 
Le Commandant souleva avec son pied la jupe de la vieille. Elle ne portait pas de petite culotte. La peau de ses jambes était flasque. Les poils de sa motte, gris.
 
Le regard de la femme se troubla. Il devint plus louche.
 
- On dirait que l'attraction et la séduction n'ont pas d'âge.
 
On.
 
La femme s'approcha et l'homme lui fourra un doigt dans le sexe ; ensuite il le retira, huma son odeur, le lécha.
 
Mais enfin, voyons, quel rapport avec le sujet de cet opuscule, avec le bridge ?
 
- Le Commandant banda.
 
What else ?1
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0
22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 09:12
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 53 )
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
» Je pense utiliser Mômô pour planter les webcams à l’intérieur des machines à café. Et pour cause. RFCVIPMU est une institution où l’amour manque cruellement. Il y a des coucheries, certes. Peut-être en excès, même. Des coucheries de tout genre. (Le petit train étant, paraît-il, une spécialité RFCVIPMUenne.) Des coucheries, oui, mais pas d’amour. Même ceux qui se sont mis en couple (plus nombreux paraît-il que dans d’autres établissements) ne parlent pas d’amour. Peut-être n’y pensent-ils même pas.
 
» - Bref, l’amour manque à RFCVIPMU .
 
» Tout le monde s’en rend compte et en souffre. On peut entendre un peu partout des mots comme quoi RFCVIPMU ne serait pas une entreprise comme les autres, comme quoi elle n’encouragerait pas l’amour et que l’atmosphère deviendrait à peine supportable1.
 
» Dans cette situation, la présence d’un couple amoureux, même si trop visible, réveille une certaine pudeur agrémentée de tendresse, une certaine discrétion joyeuse. Je veux dire que si Mômô et moi nous nous embrassions (voire plus, si affinités ; surtout plus, si affinités) devant une des machines à café, nous pourrions compter sur la discrétions du monde et que les autres, vont s'éloigner (pour nous protéger), et j’aurais le temps d’implanter la chose dans le entrailles de la machine. 
 
<>
 
» Chose accomplie avec un certain doigté. Je m’en félicite.
 
» En plus, le goût de la langue de Mômô, je ne vous dis pas !
 
» À l’intérieur des machines, entre les rouages assez simples, qui déclenchent le jet d’eau qui traverse le café, le thé, la poudre de potage et la pluie de sucre, il y a nombre de fils qui témoignent des visites répétées d’autres comme moi. Les machines sont branchées à d’autres terminaux d’écoute. À tous les autres terminaux d'écoutes?
 
Avertissement
Toute ressemblance
avec ce qui s'est passé,
qui se passe
ou
qui va se passer
à RFI
a été, est ou sera
fortuite.
 
Pareil pour toute différence.
Partager cet article
Repost0
21 janvier 2019 1 21 /01 /janvier /2019 14:01

 

L'ennui d’État

 

Macron m’ennuie grave. Serais-je (le) seul ?

Pourrait-on parler d'un ennui d’État ?

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

 

Partager cet article
Repost0
18 janvier 2019 5 18 /01 /janvier /2019 10:10
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 51)
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
» Évidement, mon hôte est profondément dépressif.
 
» - C’est pour quand le suicide généralisé des cellules qui vivent en moi ? se demande-t-il sans doute. C’est pour quand ma propre mort décidée ainsi par elles ? Est-ce que ma mort m’accompagne depuis que ma cellule princeps a commencé sa folle multiplication prolongée dans des spécialisations démultiplicantes sublimées en des différentes spiritualisations jusqu’au point de non-retour, le point kamikaze ? Est-ce que ma mort est un suicide quoi que je fasse ?
 
» La mort de sa femme1 a contribué, je crois, d’une manière importante à la déviation de l’ambassadeur.
 
» D’autre côté, il a sa fille, une personne physiquement extra (plus que, même), qui rêve de partir pour la planète Mars ou au moins pour la Lune.
 
» Son désir : être la première terrienne à accoucher dans l’espace et avoir, ainsi, des enfants astraux.
 
» Son père, l'ambassadeur veuf, considère qu’il s’agit d’égarements de jeunesse et que l’avenir de sa fille, l’orpheline, se trouve plutôt dans la diplomatie nomadienne. D’où un intérêt certain pour ma jeune personne. Je pouvais peut-être toucher un mot au ministre pour la nommer consul des Tribus. Ou, sinon, je pouvais la prendre auprès de moi (en tant que compagne reconnue, et non pas en tant que n-ième concubine temporaire, selon les coutumes nomadiennes) et de fonder avec elle un jeune couple dynamique et rapace à l’avenir doré.
 
» C’est plutôt cette dernière variante que mon ambassadeur couve à l’intérieur de son inquiétude/mortalité cellulaire.
 
» Ou, encore, il faut voir. 
 
Avertissement
Toute ressemblance
avec ce qui s'est passé,
qui se passe
ou
qui va se passer
à RFI
a été, est ou sera
fortuite.
 
Pareil pour toute différence.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0
18 janvier 2019 5 18 /01 /janvier /2019 08:22
La parole
 
Macron a fait venir 600 maires normandes pour les écouter. Enfin... Enfin, car, après deux heures de prise de parole organisée par un ministre, suivirent quatre heures de parole présidentielle. Une parole impressionnante : sans notes, bien articulée, trahissant une très bonne connaissance des dossiers (voire trop bonne pour qu'elle soit... normale), une explosion ou un feu d'artifice d'idées et des références à des choses étrangères aux préoccupations de Gilets Jaunes et à plupart des Français...
Aujourd'hui, rebelote. Le président se rende à Souillac, « fera l'histoire » dans le Lot pour reprendre l’exercice. On va lui adresser la parole pour lui demander l'action. Lui, il va s'activer en utilisant... la parole.
Parole pour parole. Parole contre parole.
En français : « Paroles, paroles, paroles... »
En roumain : « vorbã lungã – sãrãcia omului ». (Traduction littérale : « longue parole, pauvreté de l'homme ».)
Voilà ce qui est dit.
Sacrés Français !
Sacrés Roumains !
 
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0
17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 07:37
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 50)
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
» La caravane de l’ambassadeur est truffée de technique vidéo et audio. Pourtant et inexplicable (pour moi), on ne peut pas y écouter RFCVIPMU. C’est à dire, lorsqu’on se trouve à l’intérieur. Il faut sortir pour capter la station. Pourtant, une radio, c’est une radio : elle est écoutée parce qu’elle est faite pour ça. À moins que RFCVIPMU, en tant qu’exception française, ne soit une radio faite pour ne pas être écoutée. (Il va falloir tirer ça au clair.)
 
» Sinon, elle est assez confortable. Je veux dire, la caravane.
 
» Cela étant, ce qui se passe dans un média arrive, indéniablement, au public. Enfin, plus ou moins. Parmi les moins, les conversations plus ou moins informelles portées en off par les personnalités invités au micro avec les grands intervieweurs. Or, selon nos services, ce sont ces conversations notamment qui s’avéreraient une source de riches informations. Et pour cause. On ne parle pas en off aux journalistes par amitié. C’est bien connu ! Le but des personnalités qui le font non pas pour informer mais pour informaliser les médias n’est jamais celui déclaré. En revanche, le off non plus n’est pas toujours respecté intégralement.
 
» Je trouve ça assez compliqué. Et en plus, ce n’est pas le
sujet.
 
» En plus.
 
» On ne me demande pas d’interviewer qui que ce soit, ni d’interpréter les conversations enregistrées. On me demande seulement de faire en sorte que ces conversations en off soient enregistrées et envoyées à la base, en Nomadie, au pays.
 
<>
 
» - Où allez-vous installer les webcams ? me demanda l’ambassadeur lorsque je lui fis part de mes intentions.
 
» - Dans les machines à café, bien sûr. C’est l’endroit le plus fréquenté de la maison.
 
» - Et comment comptez vous faire ? Il y a combien de machines à café ?
 
» - Quatre, ou à peu près. Deux à l’escalier F, deux à C.
 
» L’ambassadeur avait l’air de vouloir quitter précipitamment la roulotte où nous parlions ainsi, paisiblement, et de prendre le large1.
 
<>
 
» Je dois me dire et redire que je présente au monde (dont l’ambassadeur en fait partie) une image beaucoup plus élargie que ma réalité, c’est-à-dire moi-même au-delà de mon image. Pour l’ambassadeur et pour le monde, je suis le mystérieux représentant terrestre du ministre. J’ai des instructions spéciales (donc des pouvoirs spéciaux). Je peux être méchant. Je le suis peut-être. 
 
» En même temps, les choses sont beaucoup plus simples. Mon hôte est l’adepte d’une secte récemment créée, qui prône le suicide cellulaire.
 
» Conformément à cette croyance sectaire, les cellules du corps vivant sont programmées non pas pour vivre, mais pour mourir. Elles meurent par décomposition, par suicide. Et c’est seulement après que le produit de cette mort soit avalé par les cellules phagocytaires ou éliminé par le processus d’excrétion. Mais, comme dirait La Palisse, avant de mourir, ces cellules étaient en vie. Et elles étaient en vie parce que les cellules environnantes leurs envoyaient des signaux spécifiques qui suspendaient le processus suicidaire. Alors, logiquement donc, la créature humaine en vie est le résultat des milliards et des milliards de micro-, de nano-empêchements du suicide. L’être humain est un suicide permanent accompagné d’un suicide en sursis. Et rien d’autre. 
 
» Voilà pour cette secte.
 
Avertissement
Toute ressemblance
avec ce qui s'est passé,
qui se passe
ou
qui va se passer
à RFI
a été, est ou sera
fortuite.
 
Pareil pour toute différence.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0
15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 08:28
 
 
Grand besoin
 
Les plus jeunes, ce sont deux jumeaux ni black ni white. Tous les deux, trisomiques grave. Leur mère, une folichonne, est morte quelques mois après leur naissance.
 
- Quelque part en Afrique Centrale.
 
Le père, profondément inconnu.
 
- Les parents de la mère sont, eux, deux personnages malheureux.
 
Le père est grand, gros, mou et dépressif. La mère est grande, grosse, molle et dépressive. Il a un cancer de la prostate, boit, pleure et, de temps en temps, bat sa femme. Elle a un sein cancéreux, boit, crie et, de temps à autre, bat son mari.
 
Ces deux-là, les parents de feue la mère des jumeaux ni black ni white, donc, sont malheureux. Deux personnages malheureux.
 
- Je viens de le dire.
 
Ses parents à lui sont encore en vie. Ses parents à elle, je n'en sais rien.
 
- Rien.
 
Ils sont très vieux, les vieux. Ultra-vieux.
 
- Ce qui n'est pas le cas des deux parents – lui, grand, gros, mou et dépressif, elle grande, grosse, molle et dépressive – de feue la mère des deux jumeaux ni black ni white.
 
Je suis un peu mal-à-l'aise:
 
Ils travaillent, les grands-parents des enfants. Il n'ont ni le temps, ni l'envie de s'occuper de leurs petits-enfants ni black ni white, handicapés et malades, abandonnés à l'Afrique et, maintenant, à la France, à la vie par feue leur mère et par leur inconnu de père.
 
Ce sont leurs arrières grands-parents, les ultra-vieux, qui s'en chargent, qui s'en occupent.
 
- Et ils jouent aussi au bridge.
 
Ce sont des Justes, ces arrières grand-parents.
 
- Ces ultra-vieux.
 
Ils étaient des philo-allemands. Pas des philo-nazis. Ils ont fait double jeu. Ils ont survécu au massacre d'Oradour sur Glane.
- Ils ont sauvé une bonne dizaine de Juifs.
 
Il n'en font pas tout un fromage.
 
- Ce sont les autres membres du Club qui m'ont rapporté leur passé.
 
Ils sont traités « normalement », non pas comme des héros. Pourtant, on ne les approche pas trop. Je sens qu'ils sont seuls. Seuls, dans leur passé et dans leur présent.
- Ils ne sont pas tout à fait normaux.
 
Au jeu, ils sont assez lents. Vieux. Très-très. Ils attendent paisiblement la suite.
 
- La mort.
 
Ils ont l'air plutôt serein. Dieu seul pourrait pour autant dire ce qu'il y a dans leurs âmes. Je n'ai aucun sentiment à leur endroit, moi. Ni bon, ni mauvais.
 
- Simplement, ils m'énervent.
 
Je pense qu'ils sont vraiment bons, eux. Ce qui me fait une belle jambe. Je m'en balance ! Eux – eux, je m'en fiche ! Ils n'ont qu'à être bons jusque par dessus leur tête, jusqu'à Sirius, jusqu'à Jésus, Son Père et au-delà de tout.
 
- Ce qui m'énerve, c'est moi.
 
C'est nous.
 
- Je ne suis pas bon, moi.
 
Nous ne sommes pas bons, nous.
 
Pas du tout. Mais du tout. D'hyper-tout.
 
- Même si j'en ai grand besoin.
 
Ou, lâchement :
 
- Même si nous en avons grand besoin.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0
14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 08:38

La grande annulation

 

Ça y est, la lettre de Macron a fait son apparition. On se demande pourquoi faire. Débat national ? Soyons... Soyons quoi ? Sérieux ? Serait-il possible de prendre au sérieux le phénomène ? La lettre court-circuit tout. Parlement, gouvernement, presse, syndicats, mère, père, grand-mère-père, enfants présents ou à venir, tout. Tout, tout. Ou presque. Il reste pourtant Macron – et le monde. Et dans le monde, quelques sous-microbes, vu leur anonymat. Quelques grains de poussière. Des inaudibles. Des invisibles. Des... riens.

Le face-à-face réciproquement annihilante entre le Méga et le Micro, entre l'Hyper et l'Hypo, la grande annulation, s'impose à nous en tant qu'élément sociétal actuel. Pourquoi faire ? Tout. Rien. Pour tout-rien faire. Pour faire le tout-rien.

 

Blog : www.alexandre-papilian.com/

Partager cet article
Repost0