Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
  • Contact

Profil

  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

Texte Libre

Rechercher

Archives

23 décembre 2018 7 23 /12 /décembre /2018 13:18

Cet article est reposté depuis Wikistrike.

Partager cet article
Repost0
23 décembre 2018 7 23 /12 /décembre /2018 09:05
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 37)
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
» En parallèle (lire : en plus), je dois m’occuper d’une certaine Lãcrãmioara Glande (quel nom, mon Dieu !) (en traduction, Muguette) et de son mari, Icã, le patron des Langues de RFCVIPMU. Plus un certain Stroë, toujours de RFCVIPMU , patron des Langues Méconnues
 
» Dans la caravane de notre ambassade à Paris1, je réfléchis à tout ça, en essayant de maîtriser mes accès de haine, mais aussi ceux de tendresse. Il faut que je trouve ma propre voie, que je me faufile parmi les pièges, embuscades ou guets-apens imaginés par les services spéciaux de mon esprit, mais aussi par ceux de tant de pays qui se confrontent en se heurtant ou en se chevauchant ou en s’entremêlant dans cette merveilleuse ville-lumière, Paris.
 
<>
 
» C'est l'incertitude que j'aie comme seule certitude. Je ne sais pas si je suis « un agent » de ma Nomadie ou un agent double. Ou triple. Ou plus, voire tout. (Ça existe, le plus, le tout.)
 
» Je ne sais pas si la blonde-gouttière essaie de me retourner encore un fois.
 
» Serait-il possible ?
 
Avertissement
Toute ressemblance
avec ce qui s'est passé,
qui se passe
ou
qui va se passer
à RFI
a été, est ou sera
fortuite.
 
Pareil pour toute différence.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0
22 décembre 2018 6 22 /12 /décembre /2018 09:46
 
 
Coco insupporte
 
Aujourd'hui j'ai été amené à m'intéresser à Coco. Elle s'est imposée à moi, à nous. Je veux dire, aux trois personnes qui l'entouraient le temps de deux donnes à la table de bridge.
 
Coco a été une superbe antillaise.
Une très belle femme.
 
- Je n'ai aucun doute.
 
Elle ne l'est plus. Elle a vieilli. Mais assez bien, pourrait-on dire.
 
Elle est toujours grande. 1,75 m. Elle a des épaules rondes, à mordre. Elle laisse entrevoir une poitrine assez généreuse. Elle n'est ni tassée, comme les femmes de son âge, ni voûtée.
Je ne dirais pas qu'elle serait encore baisable. Mais sa présence n'est pas désagréable. En fait, elle dégage un air de sportivité. Air dû, je crois, au fait qu'elle habite à la campagne.
 
- Oui, en effet, on ne sait pas ce que peut faire de l'homme la campagne.
 
De l'humain – en l'occurrence d'une femme.
 
D'une.
 
D'une femme qui joue au bridge. Pas très bien. Supportable.
 
Elle nous a raconté aujourd'hui quelque chose de drôle. Un de ses voisins fait collection de tracteurs.
 
- Il doit en avoir une bonne quarantaine.
 
Il les stocke sur son terrain, en les couvrant avec des bâches de fortune, en plastique noir, bleu, vert, rouge, jaune – enfin, de toutes les couleurs.
 
- On ne voit plus rien de ses engins.
 
Mais Coco ne se plaint pas. Les tracteurs ne sont pas plus beaux que les bâches qui les protègent.
 
- Si elles les protègent.
 
Si.
 
Le problème de Coco, c'est qu'elle est obligée de « goûter » assez souvent aux délices tractorisées de son voisin.
 
- Et pourquoi donc ?
 
C'est assez simple. Elle doit se payer l'expo de son voisin chaque fois qu'elle rend visite à la femme du collectionneur. Et cela se passe avec régularité et sans faute tous les jeudis.
 
Coco va voir sa voisine.
 
- Une femme charmante, qui ne peut plus trop bouger, suite à un AVC assez vilain.
 
Coco lui apporte le programme TV de la semaine écoulée, avec les mots fléchés et les croisés résolus.
 
- Elle n'arrive plus à résoudre, à remplir toute seule les grilles.
 
Pourtant ça l'amuse de vérifier le travail de Coco.
 
- Pourquoi « pourtant » ?
 
Mais en voilà une question !
 
Et ensuite, en voilà une autre :
 
- Qu'est-ce qu'elle fout la Coco dans ce petit opuscule issu de la réalité du Club de Bridge mortuaire ?
 
Comment se fait-il que nous trois, qui l'entourons le temps de deux donnes de bridge, sommes mis au courant de cette histoire de grilles de mots fléchés et/ou croisés résolues que la Coco porte tous les jeudis à sa voisine AVC-isée, épouse du collectionneur de tracteurs couverts des bâches multicolores que la Coco « insupporte »?
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0
21 décembre 2018 5 21 /12 /décembre /2018 08:35
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 36)
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
» Une bonne dépression. Voilà de quoi j'aurais besoin. De quoi nous aurions besoin.
» La flamme de la dépression aiguë nettoie tout. Comme l'eau royale.
 
<>
 
» Le beau et le bien, souvent confondus, seraient, paraît-il les deux portes par lesquelles on pourrait pénétrer dans l'univers normalisé d'une humanité à la recherche permanente du Graal.
 
» Faut impérativement trouver le sens de la normalité.
 
» Puis, diriger le lanceur de flammes, le jet d'eau royale1 vers lesdits beau et bien.
 
<>
 
» Je vis une rupture dans l'apercevoir. Je ne sais pas ce que j'aperçois. Je ne sais pas si j'aperçois. Qu'est-ce que je sais, alors ? Néant.
 
<>
 
» Une blondasse d’un certain âge, pute jusqu’à l’os.
 
» S'infiltre dans les interstices de mon esprit. Dans ma mémoire, dans mes songes, dans ma folie, dans mes dents, cheveux et ongles, dans ma chair.
 
» La seule femme de cette Rédaction, qu'elle soit. S’habille parfois en gouttière. Traduction : des blouses, vestes, jupes, robes, parkas et pantalons brillant comme le zinc des gouttières. Sinon, c’est en rouge flamboyant, parfois en noir et or éblouissants…, qu’elle s’enveloppe. S’ennuie affreusement. Tremble à l’idée qu’elle pourrait « attraper la mort » ou se faire attraper par elle. Veuve et riche, atteinte par l’âge de la retraite, elle s’entête à occuper un poste à RFCVIPMU , sans se soucier des dizaines et des dizaines de petits malins qui font le siège de la Rédaction parce qu’ils trouvent que non seulement RFCVIPMU , en général, mais cette Rédac en particulier, seraient l’endroit idéal où ils pourraient afficher, dérouler, nourrir, arroser et faire épanouir l'intégralité de leurs incompétences. Toutes !
 
» Elle pratique les lambeaux de soie (de préférence bordeaux ou turquoise) enfoncés dans le cul du partenaire, qu'elle fait sortir lentement pendant.
 
» Ce sont les vestiges de mon intrusion dans l’univers-chimère peuplés par les expressions méconnues et méconnaissables pratiquées par les éléments de la Rédac en langues méconnues.
 
Avertissement
Toute ressemblance
avec ce qui s'est passé,
qui se passe
ou
qui va se passer
à RFI
a été, est ou sera
fortuite.
 
Pareil pour toute différence.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0
19 décembre 2018 3 19 /12 /décembre /2018 06:43
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 35)
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
» Peut-on connaître le monde méconnu ? Peut-on connaître le méconnaître ? Il y a sans doute un sens dans tout ça. Sinon, pourquoi m'envoyer voir avec quoi on mange la Rédac en langues méconnues de RFCVIPMU ?
 
» C'est le public auquel on s'adresse en langues méconnues, qui compte, hein ? Car il y a un public qui parle les langues méconnues, certes ! Ou peut-être plusieurs publics ? Car plusieurs langues ? Plusieurs langues méconnues parlées ici ou là mais pas partout ?
 
» Oh, bon Dieu ! Qui pourrait nous sortir de cette situation absurde, absurde, absurde. Qui pourrait casser ces situations absurdes, absurdes, absurdes ?
 
» J'arrête ici mes considérations solitaires. Je ne suis pas Rousseau. Je suis un Noamdien quelconque, assez moyen, confronté à une vie qui ne lui va pas.
 
» Notamment, je crois que l'Ambassadeur et Mômô fricotent ensemble. Pour eux, ce qui domine notre civilisation, notre époque, ne serait pas la médiocrité, la déesse du monde, mais l'inceste. Tout simplement.
 
» Et pourquoi pas ?
 
» Comment passer à côté de la médiocrité ? Comment passer à côté de l'inceste ?
 
» Comment les transpercer ? Comment passer à travers ?
 
» Et pourquoi ?
 
Avertissement
Toute ressemblance
avec ce qui s'est passé,
qui se passe
ou
qui va se passer
à RFI
a été, est ou sera
fortuite.
 
Pareil pour toute différence.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0
18 décembre 2018 2 18 /12 /décembre /2018 08:54
 
Se – qui ?
 
À la maison, dans la rue, mais aussi au Club, je subis la pression médiatique de la campagne présidentielle.
 
- Comme tout un chacun, d'ailleurs.
 
Aborigène ou immigré.
 
- Nelly et Jean-Marcel inclus.
 
Nelly tremble de peur. Elle se dit que la crise va provoquer une gauchisation, assortie d'un gauchissement de la politique. Pire encore, de la société.
 
- Un gauchissement sociétal, comme on dit avec beaucoup d'élégance linguistique aujourd'hui.
 
Aujourd'hui.
 
Elle croit que son assurance-vieillesse sera anéantie par l'inflation et, qui sait, par une sorte de réquisition, de nationalisation des économies des Français.
 
- La pauvre assurance-vie de Nelly comprise.
 
Elle est rejointe, la Nelly, par le Jean-Marcel, un des richissimes du Club. Celui-ci regarde vers ses ami(e)s comparables en richesse, qui s'empressent, eux, de transférer leur pognon en Suisse. Lui-même, par contre, compte rester en France. Il se positionne déjà en victime :
 
- Même s'ils vont tout me prendre, je reste un fils de mon pays.
 
Il sait bien que :
 
- S'il y a un parti capable de mener une politique de droite en France, celui-là ne peut être que le parti socialiste.
 
Il est bien connu (conformément à certaines études) que pour chaque cellule du corps humain il faut prendre en compte entre 10-100 bactéries qui vivent leur vie sur et dans ledit corps. Si l'on faisait le calcul, on arriverait à des chiffres enivrants, soulants, vertigineux, abyssaux. En plus, il faut dire que beaucoup de ces bactéries restent inconnues (anaérobies, elles meurent et se soustraient de cette manière à la curiosité humaine, dès qu'elles sont sorties du corps humain). Les théories des grands nombres y trouvent paraît-il des terrains de plus en plus fertiles pour leur développement.
J'écoute les candidats à la présidence, j'écoute Nelly, Jean-Marcel, ainsi que les scientifiques et d'autres encore et encore. Je me sens comme tombé dans une espèce de creux schizo, parano et/ou an-historique.
 
Alors, je me permets de fantasmer. J'imagine que la sarabande vertigineuse des chiffres avancés par nos candidats à la Présidence de la République, par nos Nelly et Jean-Marcel, par nos scientifiques et par d'autres encore et encore qui effrayent encore et encore beaucoup de mes malheureux contemporains, partenaires de bridge compris, j'imagine donc que ladite sarabande des chiffres soit en réalité un effet de l'activité de ces bactéries humaines ou, si vous voulez, des bactério-humaines, voire de l'humanité bactérienne.
 
Alors, revenu sur terre, animé par un très sain esprit de copinage bridgeur, sublimé dans une grégaire et très saine colère citoyenne, je m'insurge :
 
- D'où sortent-ils, à qui mieux mieux, les candidats à la présidence de la République, tous ces chiffres énormes, géants et, pour la vie de tout un chacun, absolument inutiles, et à quoi bon les ventilent-ils sous nos nez (Nelly et Jean-Marcel inclus), qui n'en avons rien à cirer ?
 
Pour ne pas dire à foutre !
 
D'où la question ci-après, métaphysiquement fondamentale :
 
- Quelle différence entre faire et foutre ?
 
Pourrait-on croire/espérer que la réponse soit cachée dans l'expression « se faire foutre » ?
 
Se – qui ?
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0
17 décembre 2018 1 17 /12 /décembre /2018 08:59
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 34)
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
» J'aimerais toucher la terre ferme. M'immerger dans les couleurs et dans l'irréel protéiforme de l'univers connu, historique et rassurant, de type Bosch et Bruegel (l'Ancien, le Jeune et toute la tribu). Ou, sinon, me laisser injecter dans l'univers moins coloré et protéiforme et plus flou et ombrageux des dragons et chimères anonymes succédant aux – descendant des – visions apocalyptiques encore (et absolument) inexplicables/injustifiables aujourd'hui.
 
» Aujourd'hui, dans notre actualité doucement post-sexuelle, cruellement industrielle, élargie, sans personnalités proéminentes (sans personnalités du tout, disent certains ; sans personnalité autre que celle de la fourmi), dans notre temps dominée par la médiocrité massive, hautement résistante, voire par la idiotie en/de masse.
 
» Les Méconnus, enfin, ceux qui parlent les langues méconnues, me proposent un monde qui empêche la compréhension. Toute compréhension. Quel monde pourrait se faire comprendre si on ne disposait pas de sa compréhension précédant sa création ?
 
» C'est à devenir encore plus fou que fou. À l'intérieur de cette capsule ellipsoïde qui se referme implacablement sur tous. Sur la plus réelle des réalités. Sur la réalité de la réalité. À l'intérieur de cette coquille. À l'intérieur de cet œuf.
 
» Sur nous. Sur tous.
 
Avertissement
Toute ressemblance
avec ce qui s'est passé,
qui se passe
ou
qui va se passer
à RFI
a été, est ou sera
fortuite.
 
Pareil pour toute différence.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0
16 décembre 2018 7 16 /12 /décembre /2018 08:22
 
Sur un site de rencontres
 
Il m'était sympathique. Chose toujours valable aujourd'hui. Même si j'ai moins l'occasion de le voir. Il a trouvé un travail. Dans un bureau de la Mairie, ou à la Sécurité Sociale, je ne sais pas. Et je ne tiens même pas à le savoir.
 
- Il travaille, et c'est tout.
 
Normalement, ça devait lui apporter un peu d'équilibre.
Récemment, les Suisses on rejeté par referendum l'idée de prolongation de deux semaines de leurs congés payés. Ils veulent travailler, les Suisses. Ça leur convient. Il sont des para-humains, voire des méta-humains. Peut-être même à côté de l'humain.
 
- Des inhumains ?
 
Il doit être Suisse, lui.
 
- Et pas trop.
 
Ancien pilote de chasse, il a pris sa retraite dès que possible. C'est à dire, quelque part autour de ses trente-cinq ans. Il croyait pouvoir enfin « vivre ». Il ne voulait plus, il ne voulait pas travailler.
 
- Il n'était pas Suisse, dirait-on.
 
Faux !
 
- Il a vite déprimé.
 
Il était marié, le malheureux. Marié à une garce qui n'a pas pu supporter la déprime du retraité. Elle est partie avec le boulanger du coin.
 
- Ou quelque chose du genre.
 
Il m'est devenu encore plus sympathique.
 
- Hier, il a fait son apparition au Club avec une nana.
 
Une cinquantenaire bien modérément élégante, soignée, dont la figure m'était familière.
 
- Familière, d'accord, mais d'où ?
 
Je la dévisage. Avec précaution. Je suis quand même bien éduqué.
 
- Enfin, je crois.
 
De toute façon, je ne lorgne pas les gens, comme ça.
- Comme ça me chante.
 
Je rencontre son regard. Elle m'a reconnu.
 
- J'en suis sûr !
 
Reconnu, d'accord, mais d'où ?
 
Après quelques minutes de concentration stressante, la lumière explose dans ma tête. Mais bien sûr, c'est sur le site de rencontres ! Je l'ai fréquenté, il y a deux ans. Et j'ai échangé, avec cette dame là, quelques messages.
 
- Je ne savais pas qu'elle jouait au bridge.
 
Elle non plus ne savait pas ça de moi... Ni d'elle-même, je crois. Je dirais qu'elle savait à peine que le bridge existe, je crois.
 
- Et puis, elle avait rencontré son aviateur.
 
Et lui, il l'avait mise sur la bonne voie.
 
- Je subodore.
 
Quant à nous, cette femme assise en face de l'ex-aviateur, et moi – rien de concret.
 
- Si ce n'est notre tristesse silencieuse et notre muet manque de confiance.
 
Muet.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0
15 décembre 2018 6 15 /12 /décembre /2018 15:58
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 33)
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
» ...Qu'est-ce qu'on pouvait faire, qu'est-ce qu'on devenait si l'on n'avait plus accès à la beauté et à la bonté ? disais-je tout-à-l'heure.
 
» À la beauté, à la bonté et à l'amour.
 
» Problème avec Mômô, la fille de l'ambassadeur. Tombée folle amoureuse de moi. Raide. Obsessionnellement. Authentique. N'ai pas d'autres mots pour ce qui se passe avec elle et avec ce qu'elle me transmet....
 
» Ça me fait peur.
 
» Lorsqu'on fait l'amour, elle devient fortement séduisante et fortement repoussante à la fois. Trop. Sa puissance me fait mal. Elle veut que je reste sur et en elle. Autour et nulle part. Aussi ad eternam et jamais. Au propre Au figuré. Que je la soumette et que je me fasse/laisse dévorer par elle. Que nous nous respirions l'un l'autre. Que je lui fasse un enfant, qu'elle m'en fasse un, que nous en faisons un, que nous nous en faisons un... (Un enfant ? Mais quel enfant pourrait sortir de nous ?) Tout ça, dans un halo d'énergie aveugle et invisible, assourdissante, démentielle, de la nature de l'électricité expérimentale excitant expérimental le vrai cadavre de la grenouille expérimentale, follement revigorante, que seule l'ivresse amoureuse peut en générer.
 
<>
 
» Ensuite, assez vite, presque brusquement, elle me pose des questions qui n'ont rien à voir avec elle et moi, avec nous. Sur l'oreiller.
 
» Je me sens espionné.
 
» Elle veut savoir comment se passent les choses dans la Rédac des méconnues.
 
» Je n'ai aucune obligation de lui fournir ces informations. Je n'ai de comptes à rendre qu'à Grassoull, mon ministre.
 
» Le père de Mômô, l'ambassadeur, comprend ça. Il est jaloux de ses prérogatives et respecte les miennes. Je ne couche pas avec lui, mais avec elle, avec sa fille, avec Mômô. Et c'est pour ça, sans doute, qu'elle ne comprend pas mes girouettes silencieuses.
 
Avertissement
Toute ressemblance
avec ce qui s'est passé,
qui se passe
ou
qui va se passer
à RFI
a été, est ou sera
fortuite.
 
Pareil pour toute différence.
 
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0
14 décembre 2018 5 14 /12 /décembre /2018 07:19
 
 
 
Quoi qu'on en dise ou en fasse
 
Isis a une tête oblongue, un visage brun-pâle, un regard ultra-bleu et abyssal, une collection de chapeaux vertigineux, un divorce en cours (avec des biens assez importants à partager – un haras et un manoir de dix-huit pièces, à la Souterraine, des actions par milliers et deux appartements, l'un à Paris, l'autre à Nice), quelques copies de tableaux célèbres confectionnées par ses propres blanches mains, qu'elle accroche en biais, « pour les différencier de l'original », et deux lévriers peureux, tremblant de tout leur squelette.
 
Elle est spectaculaire, mais elle ne sort que rarement. On ne sait pas vraiment où elle passe son temps.
 
- Le temps passe, quoi qu'on fasse !
 
Quoi qu'on en fasse.
 
Elle vit depuis un moment avec Jack.
 
- Et avec les chiens tremblants.
 
Jack a, à son tour, une épouse décédée, un frère logicien, une maison bourgeoise square des Émailleurs, un armagnac très apprécié par Fabienne – la meilleure bridgeuse que le Limousin ait connu dans son histoire passée et future – un regard qui ne te regarde jamais, et des pantalons au cul bas.
Marcelline, une des partenaires habituelles de Jack, a des beaux yeux incolores, ronds et luisants, des jambes courtes et des fesses pas trop-trop, un pays d'origine et un mari médecin, héritier d'une maison située Square des Émailleurs, tout proche de la maison de Jack.
 
Isis ne joue pas au bridge.
 
Marcelline n'a pas de chiens et ne peint pas.
 
Fabienne joue au bridge – comme une déesse ! – et apprécie dès que et tant que possible le très-très bon armagnac de Jack.
 
Tout ce petit monde existe.
 
- Dans la plus crue, brute et nue réalité.
 
Quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse.
 
- Quoi qu'on en dise ou en fasse.
 
En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)
Blog : www.alexandre-papilian.com/
Partager cet article
Repost0